Historique du 3e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine

RegimentLe régiment a été cité 5 fois :

  • 3 citations à l’ordre de l’Armée avec attribution de la Croix de guerre des Théâtres d’Opérations Extérieurs (TOE), obtenues en Indochine en 1950, 1951 et 1953,
  • 1 citation à l’ordre de l’Armée sans attribution de Croix de guerre des TOE pour son intervention au Liban en 1978,
  • 1 citation à l’ordre de la brigade pour son action en tête du dispositif allié au Kosovo en 1999 avec attribution de la Croix de guerre des TOE.

477 militaires du « 3 » sont tombés au champ d’honneur depuis la création du régiment. La Croix de guerre des TOE ainsi que la fourragère aux couleurs de son ruban ornent la cravate de son drapeau.

Régiment jeune mais déjà prestigieux il met un point d’honneur à demeurer fidèle à sa célèbre devise « Être et durer ». Cette exigence individuelle et collective se traduit par l’excellence de ses engagements opérationnels d’hier et d’aujourd’hui.

Le « 3 », c’est une communauté de professionnels généreux dans l’effort, à l’esprit de corps affirmé, solidement ancrés dans la double filiation des parachutistes et des troupes de marine, et particulièrement bien intégrés dans leur garnison de Carcassonne.

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 Le béret rouge

Beret-rougeAccordé à titre de récompense et, par faveur exceptionnelle du roi d’Angleterre, le béret rouge est porté pour la première fois dans l’armée française, par les 2e et 3e RCP lors du défilé du 11 novembre 1944.

Le 1er mars 1951, le général de Lattre décide, par souci d’unification et d’intégration, que toutes les unités para d’Indochine porteront le béret amarante.

Le 3 septembre 1957 une décision ministérielle stipule que toutes les unités des Troupes Aéroportées porteront le béret amarante quel que soit leur arme d’origine. Seul le 2ème régiment étranger para porte à ce jour, le béret vert avec l’insigne à droite, pour les distinguer des commandos marines qui eux le porte à gauche sur leurs bérets (ancienne tradition des SAS).

Rouge ou vert, bleu, noir ou kaki, le béret demeure le symbole des parachutistes. Le coiffer signifie, pour le postulant, en accepter à la fois les contraintes et les risques. Pour le profane, changer à la fois de peau et de mentalité. Le béret se mérite comme une décoration. D’ailleurs il en est une. En coiffant le béret, le parachutiste assure ainsi l’héritage de ses anciens : la gloire et la mort. C’est l’une des caractéristiques de l’esprit para.


La casquette Bigeard

Casquette_BigeardLe 3ème Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine est le seul régiment de l’armée française à pouvoir porter la fameuse « casquette Bigeard ».

Novembre 1955, le lieutenant-colonel BIGEARD travaille à la lueur d’une ampoule sous sa guitoune qui lui sert de PC. Un soir, il invite ses quatre commandants d’unité à venir le rejoindre.  Il s’adresse à eux :

  • Messieurs, je vous ai réuni ce soir car je veux que ça change : le style, le commandement et l’allure de mes paras. Je veux qu’ils aient plus de gueule ! Voilà ce que vous êtes. Un para du régiment entre en tenue habituelle, treillis camouflé, MAS 36 à la main et béret sur la tête. Et voilà ce que vous allez devenir. Entrée d’un autre para avec un treillis bien ajusté, armé d’un pistolet mitrailleur et portant une étrange casquette ne ressemblant à aucune autre…

C’est sous cette casquette que nos aînés ont souffert et se sont couverts de gloire aussi bien à Alger, Timimoun, Bizerte, qu’au Liban, au Tchad, au Rwanda, en Ex-Yougoslavie, en Afghanistan et  plus récemment en République Centre Africaine.

Jusqu’en septembre 2010, date de la création des Centre de Formation Initiale des Parachutistes, tout jeune engagé au 3e  RPIMa se voyait remettre sa casquette par l’un des Anciens du  « 3 ».

Cette cérémonie avait lieu au petit matin à l’issue d’un solide crapahute et selon un cérémonial immuable. Le commandant d’unité de la 11e Cie (elle aussi disparue en 2010) ou le chef de Corps du « 3 » répétait aux jeunes paras, les mots prononcés par le colonel Bigeard en 1955.

La remise de cette casquette constituait un moment fort de la formation initiale des jeunes recrues au « 3 ». En effet, elle leur était remise à la fin du 3ème mois de classe de service après bien des efforts et venait récompenser les jeunes paras qui n’avaient pas cédé devant la difficulté.


L’ancre d’or

AncreLes troupes de marine ont été constituées pour tenir garnison outre-mer. Ses soldats se fédèrent autour d’un symbole unique, l’ancre d’or. Leur vocation naturelle est de servir outre-mer et à l’étranger.

Constituées à l’origine pour tenir garnison outre-mer, les troupes de marine y ont acquis une culture d’ouverture au monde. En outre, les missions lointaines ont exigé de cette arme qu’elle couvre des domaines de spécialités variés (combat de l’infanterie et des blindés, feux d’appui, communications…) dont l’exercice, aujourd’hui, se renforce d’une expérience ancienne de la professionnalisation.

Transcendant la notion de maîtrise de techniques militaires, les troupes de marine se fédèrent autour d’un symbole unique, l’ancre d’or, marque d’un style propre dont les traits essentiels sont :

  • une fraternité d’arme, état d’esprit entretenu par des rapports humains simples et chaleureux entre compagnons d’arme,
  • une faculté d’adaptation aux situations les plus insolites, véritable style de vie, produit de l’histoire et d’expériences opérationnelles réitérées,
  • un « humanisme militaire », culture de l’autre perpétuant notamment cette aptitude à nouer des contacts avec les populations les plus diverses et à gagner leur confiance. Ces valeurs identitaires fortes donnent son sens à l’engagement des marsouins et des bigors et fondent toujours la vocation naturelle des troupes de marine au service Outre-Mer et à l’étranger.

    La fourragère

    FourragereC’est en 1916 que la fourragère devient une distinction militaire et apparaît dans sa forme actuelle. En pleine bataille de Verdun, le commandement juge nécessaire de renforcer l’émulation et l’esprit de corps dans une armée qui se bat depuis 20 mois. Aussi décide-t-il de créer une distinction rappelant de façon permanente les actions d’éclat de certaines unités citées à l’ordre de l’armée.

    Cette distinction est constituée d’une fourragère tressée, selon le cas, aux couleurs du ruban de la croix de guerre, de la médaille militaire ou de la légion d’honneur.

    Le 3ème RPIMa a été cité 4 fois à l’ordre de l’Armée depuis sa création en 1948, dont trois fois pour ses actions en Indochine, en 1950 et 1951. En 1978 il est cité une quatrième fois au Liban pour son rôle déterminant au sein de la 1ère FINUL.

    Le 3e RPIMa a également été cité à l’ordre de la brigade en 1999 pour son action décisive en tête du dispositif allié au Kosovo.

    Par les actions glorieuses de ses anciens, les marsouins parachutistes du 3ème RPIMa arborent aujourd’hui fièrement la fourragère aux couleurs de la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieures.

    La fourragère est remise solennellement à l’occasion de la présentation au drapeau du régiment. Les cadres militaires, les anciens combattants et les autorités civiles vont remettre la fourragère du régiment aux couleurs des théâtres d’opérations extérieures aux jeunes engagés, symbolisant ainsi leur intégration au 3ème Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine.


    Saint Michel et le Dragon

    St-Michel_dragonEn 1944, un détachement du 4ème SAS, les paras du Colonel BOURGOIN, venant d’Angleterre et parachuté sur Saint-Marcel, en Bretagne est équipé de médailles arborant d’un côté Saint-Michel terrassant le dragon et de l’autre Jeanne d’Arc. Cette médaille deviendra leur signe de reconnaissance pendant les combats.

    Le 22 décembre 1946, dans la cathédrale de Bône, avant l’embarquement des unités paras pour l’Indochine, le père Jego encore, affecté au 3ème bataillon du 1er RCP, prononce son premier grand sermon dans lequel il évoque longuement Saint-Michel. Il termine son homélie par: « Et par Saint-Michel, vivent les parachutistes ! »

    Un soir de septembre 1947, à Hanoï, au cours d’un repas rassemblant les pères Jégo, Mulson et Casta tous trois aumôniers d’unités TAP, la conversation s’engage sur le choix nécessaire d’un Saint Patron pour les Parachutistes.

    Le 13 juin 1948, la première cérémonie officielle qui consacre Saint Michel, Patron des Parachutistes, sera célébrée en l’église cathédrale de Hanoï sous la présidence de Monseigneur l’évêque vicaire apostolique de Hanoï, en présence du Colonel Sauvagnac, commandant les parachutistes du Tonkin. Dans le chœur sont présents le drapeau du 1er RCP et sa garde, des fanions des bataillons et compagnies parachutistes. Devant un immense auditoire de parachutistes, de militaires de toutes armes et de civils, sont exposées explicitement et en termes précis les raisons de ce patronage jusqu’alors bien vagues en bien des esprits. Une nouvelle tradition est née.

    La symbolique

    Selon l’Apocalypse de Saint-Jean, l’Archange Michel fut chargé d’écraser la révolte des mauvais anges et de les expulser du Paradis. Cet exploit rendit Saint-Michel très populaire parmi les Chrétiens qui l’invoquèrent contre tout ce qui pouvait alors les menacer. On lui dédia des sanctuaires en tous pays, et plus de deux cents communes françaises portent son nom. L’Archange est donc descendu du ciel à la tête des légions célestes pour combattre le mal et ses plus terribles représentants. Ainsi, étant considéré comme le premier guerrier venu du ciel, son culte s’associa tout naturellement à la mission combattante et aéroportée des parachutistes.

    Certains rappellent d’ailleurs ce passage de l’Apocalypse :  » Il se fit un silence dans le ciel lorsque l’Archange Michel combattait le dragon « . Ce silence qui marque tant les parachutistes au passage de la porte…


    Insigne du 3e RPIMa

    Insigne_3-RPIMaCréé en 1948, le 3e RPIMa s’illustre d’abord en Indochine, notamment en 1950 à That-ké et 1952 à Na-san.

    Recréé en 1955, il sert glorieusement en Algérie sous les ordres du Colonel Bigeard et participe à toutes les grandes opérations. En 1962, après la guerre d’Algérie, il s’installe à Carcassonne où il est entièrement professionnalisé dès 1976.

    Depuis il est intervenu au sud du Liban, à Djibouti, au Tchad, en Centrafrique, en Nouvelle-Calédonie, au Togo, au Gabon, au Rwanda, en Irak, en Turquie, au Zaïre, en ex-Yougoslavie, au Congo, au Kosovo, en Côte d’Ivoire et en Afghanistan.